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Décret n°2026-137 du 27 février 2026 : passage à la déclaration pour la vente en ligne de médicaments

Le décret n°2026-137 publié au Journal officiel du 28 février 2026 réforme en profondeur la porte d’entrée administrative de la vente en ligne de médicaments par les officines.  La procédure d’autorisation préalable laisse place à un régime de déclaration préalable auprès de l’Agence régionale de santé (« ARS »), tant pour l’activité que pour la création du site internet qui la supporte.

Entrée en vigueur : 30 avril 2026

L’arrêté du 27 février 2026, publié le même jour, fixe le contenu du dossier de déclaration préalable (annexe opérationnelle).

Ce qui change concrètement 

Avant le 30 avril 2026 : régime d’autorisation, encore applicable jusqu’au 29 avril 2026

  • Dépôt d’une demande d’autorisation auprès de l’ARS
  • Acceptation tacite en l’absence de décision dans un délai de 2 mois
  • Information de l’Ordre des pharmaciens dans les 15 jours suivants l’autorisation

A compter du 30 avril 2026 : régime de déclaration préalable

Déclaration préalable à l’ARS avec « date certaine » 

La création d’un site internet pour exercer l’activité de commerce électronique de médicaments fait désormais l’objet d’une déclaration préalable adressée au directeur général de l’ARS territorialement compétente, par tout moyen donnant date certaine à sa réception.

Un dossier obligatoire défini par arrêté

La déclaration doit être accompagnée d’un dossier dont le contenu est renvoyé à un arrêté ministériel, publié le même jour.

Le décret précise que ce dossier doit notamment couvrir :

  • l’officine de pharmacie,
  • les pharmaciens responsables,
  • l’organisation de la dispensation à distance,
  • le site internet 
  • les modalités de vente des médicaments.

Le « chrono » des 21 jours : le cœur de la réforme

Le nouveau régime introduit une logique procédurale lisible, articulée autour d’un délai de 21 jours.

Complétude du dossier

A réception, l’ARS dispose de 21 jours pour informer le déclarant si le dossier est incomplet et demander les pièces manquantes.

Le pharmacien dispose alors de 15 jours pour transmettre les éléments complémentaires.

Délivrance d’un récépissé ou avis d’incomplétude

Dans un délai de 21 jours à compter de la réception initiale de la déclaration ou de la réception des pièces complémentaires demandées, l’ARS adresse :

  • soit un récépissé de déclaration
  • soit un avis d’incomplétude (si le dossier reste incomplet). Dans ce cas le texte est clair : il faudra reprendre la procédure au stade du dépôt.

Quand peut-on commencer la vente en ligne de médicaments ?

Sauf avis d’incomplétude, l’activité peut débuter dès l’expiration du délai de 21 jours. Autrement dit, le lancement devient plus rapide que sous l’ancien régime (2 mois de silence), sous réserve de la complétude du dossier.

Nouvelles obligations d’information et suivi du site

Le décret harmonise plusieurs obligations autour d’un délai de 7 jours :

  • Après le lancement, le pharmacien doit informer le Conseil de l’ordre, qu’il exerce l’activité et lui transmettre soit le récépissé soit tout document justifiant du dépôt d’un dossier complet et l’expiration du délai.
  • Les modifications substantielles concernent désormais les éléments substantiels de la déclaration préalable et non plus de l’autorisation
  • En cas de suspension ou cessation d’activité, l’information doit être transmise dans un délai de 7 jours et non plus « sans délai ».

L’arrêté du 27 février 2026 : les pièces à sécuriser

L’arrêté fixe la liste détaillée des pièces à joindre à la déclaration, et identifie les éléments significatifs dont toute modification devra être signalée. 

Trois familles de pièces apparaissent structurantes :

  • identification et responsabilité professionnelle,
  • organisation officinale de la dispensation à distance
  • conformité du site internet et protection des données.

L’arrêté s’appuie sur les arrêtés du 28 novembre 2016 relatif aux bonnes pratiques de dispensation des médicaments dans les pharmacies d’officine, les pharmacies mutualistes et les pharmacies de secours minières, mentionnées à l’article L. 5125-5 du code de la santé publique et celui relatif aux règles techniques applicables aux sites internet de commerce électronique de médicaments prévues à l’article L. 5125-39 du code de la santé publique.

En conclusion : simplification administrative mais exigence accrue de conformité

Le décret n°2026-137 simplifie l’accès administratif de la vente en ligne de médicament en remplaçant l’autorisation par une déclaration. En miroir, il renforce :

  • l’exigence de dossier complet dès le dépôt,
  • la traçabilité des échanges avec l’ARS
  • le pilotage juridique des modifications du site.

La réforme s’inscrit dans une logique de fluidification administrative, sans allègement des exigences professionnelles et déontologiques.

FAQ – Déclaration préalable et e-commerce pharmaceutique

Le nouveau régime s’applique-t-il aux sites déjà autorisés avant le 30 avril 2026 ?

Non. Les sites ayant obtenu une autorisation sous l’ancien régime restent valablement autorisés. En revanche, toute modification substantielle postérieure devra être appréciée à la lumière du nouveau cadre réglementaire.

Ce décret modifie-t-il le périmètre des médicaments pouvant être vendus en ligne ?

Non. La vente en ligne de médicaments demeure limitée aux médicaments non soumis à prescription obligatoire.

Que sont les bonnes pratiques auxquelles fait référence l’arrêté du 27 février 2026 ?

Il s’agit des bonnes pratiques de dispensation des médicaments listées par l’arrêté du 28 novembre 2016 relatif aux bonnes pratiques de dispensation des médicaments dans les pharmacies d’officine, les pharmacies mutualistes et les pharmacies de secours minières, actualisé en 2021. Les pharmaciens doivent se conformer à ses bonnes pratiques lors de la délivrance d’un médicament donné. Il s’agit de l’ensemble des règles professionnelles qui garantissent que la délivrance du médicament, y compris en ligne, est faite de façon sûre et appropriée.

Quelles sont les règles techniques que doit respecter un site internet de commerce électronique de médicaments ?

Il s’agit d’un ensemble d’exigences techniques destinées à garantir la sécurité, la conformité et la transparence des sites de vente en ligne de médicaments, prévu par un arrêté du 28 novembre 2016. Concrètement, le pharmacien doit s’assurer que son site respecte notamment : la sécurité du site et des données, la conformité du parcours de commande ou encore la mise en place d’une information loyale, claire et actualisée.  Ces règles font donc partie des éléments substantiels de la déclaration préalable.

La déclaration préalable protège-t-elle contre un contrôle ultérieur ?

Non. Le régime déclaratif ne supprime pas le pouvoir de contrôle de l’ARS. L’administration conserve la possibilité de vérifier la conformité de l’activité et d’intervenir en cas de manquement.

Comment sécuriser juridiquement son projet de vente en ligne ?

Il est recommandé de :

  • Vérifier la complétude du dossier avant dépôt
  • Anticiper les éléments qualifiés de « substantiels »
  • Formaliser les procédures internes de dispensation à distance
  • Sécuriser la conformité RGPD et cybersécurité
  • Conserver la preuve de la date certaine de dépôt
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Article classé dans : Droit de la santé

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